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The Last Viking au cinéma : Mads Mikkelsen dans une comédie noire danoise

Jul 11, 2026  Twila Rosenbaum 10 views
The Last Viking au cinéma : Mads Mikkelsen dans une comédie noire danoise

Avec The Last Viking (titre original Den Sidste Viking), le réalisateur danois Anders Thomas Jensen signe une nouvelle comédie noire qui mêle drame familial, thriller et humour décalé. Porté par le duo Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas, le film sort en France le 15 juillet 2026, après avoir été présenté hors compétition à la 82e Mostra de Venise en 2025.

Un synopsis entre quête d’argent et quête d’identité

L’histoire suit Anker (Nikolaj Lie Kaas), un braqueur qui sort de prison après quinze années derrière les barreaux. Son unique obsession : retrouver le butin de son dernier casse, qu’il avait confié à son frère Manfred avant son arrestation. Mais Manfred (Mads Mikkelsen) n’est plus le même : il se prend désormais pour John Lennon et a complètement oublié où il a caché l’argent. Ce qui devait être une simple récupération se transforme en un voyage imprévisible, où Anker doit composer avec la réalité déformée de son frère, ses souvenirs fragiles et une galerie de personnages hauts en couleur qui entretiennent eux aussi un rapport singulier à leur propre identité.

Anders Thomas Jensen utilise le prétexte du butin perdu pour explorer des thèmes qui lui sont chers : les liens familiaux, la folie, la rédemption et la difficulté de se reconstruire. Comme dans ses précédents films, l’humour noir et les situations absurdes servent de révélateur aux failles humaines. Le récit alterne entre moments de tension criminelle, dialogues pince-sans-rire et instants de mélancolie, le tout porté par une mise en scène sobre et efficace.

Une réunion attendue du trio Jensen-Mikkelsen-Kaas

Anders Thomas Jensen, Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas forment un trio artistique qui a déjà fait ses preuves. Leurs collaborations précédentes incluent Les Bouchers verts (2005), une comédie glauque sur deux bouchers qui se lancent dans le cannibalisme ; Men & Chicken (2015), une farce déjantée sur des frères mutant ; et Riders of Justice (2020), un thriller dramatique sur la vengeance et le hasard. Chacun de ces films a marqué le public par son mélange unique de grotesque et d’émotion.

Dans The Last Viking, les rôles sont inversés par rapport à certaines œuvres précédentes : ici, c’est Mikkelsen qui incarne le personnage le plus excentrique, Manfred/John Lennon, tandis que Kaas joue le rôle du frère pragmatique mais désemparé. Lars Brygmann, Sofie Gråbøl, Søren Malling, Bodil Jørgensen et Nicolas Bro complètent la distribution, apportant chacun une touche de singularité à cet univers peuplé de marginaux attachants.

Le film est produit par le Danemark en coproduction avec la Suède, et distribué en France par le label Motel (qui a déjà distribué plusieurs films scandinaves comme L'Homme du labyrinthe). Il est interdit aux moins de 12 ans en raison de sa noirceur et de certaines scènes violentes.

Anders Thomas Jensen : un cinéaste du grotesque et de la tendresse

Né en 1972, Anders Thomas Jensen s’est d’abord fait connaître comme scénariste avant de passer à la réalisation. Il a signé les scénarios de nombreux films danois acclamés, commeLes Oubliés, Flickering Lights ou Mifune. Son style se caractérise par un humour féroce, des personnages souvent en marge de la société, et une exploration des névroses humaines avec une tendresse inattendue.

Ses films, bien que souvent classés comme comédies, abordent des sujets graves : la maladie mentale, la violence, la mort, la quête de sens. Jensen parvient à faire rire tout en émouvant, sans jamais tomber dans le pathos. Riders of Justice, par exemple, traitait du deuil et du chaos avec une intelligence rare. The Last Viking s’inscrit dans cette lignée : derrière le postulat absurde du frère qui se croit John Lennon, se cache une réflexion sur l’identité, sur ce qui nous définit et sur la nécessité de se réinventer.

Le choix du titre The Last Viking n’est pas anodin. Il évoque une figure de la culture danoise : le Viking, symbole d’aventure, de courage et de liberté, mais aussi de brutalité et de destruction. Les deux frères, Anker et Manfred, sont comme des Vikings modernes : partis à la conquête d’un trésor, ils doivent affronter leurs propres démons et les éléments (réels ou imaginaires) qui se dressent sur leur route. Jensen joue avec cette mythologie, la détourne et l’humanise.

La réception du film à Venise et les attentes

Présenté hors compétition à la Mostra de Venise en septembre 2025, The Last Viking a reçu un accueil plutôt favorable de la critique internationale. Les journalistes ont salué la performance de Mads Mikkelsen, qui parvient à rendre crédible un personnage pourtant totalement déconnecté de la réalité. Sa transformation physique et vocale pour incarner John Lennon a été particulièrement remarquée. Nikolaj Lie Kaas, lui, a été loué pour son jeu plus retenu mais tout aussi puissant, apportant une profondeur émotionnelle à un rôle qui aurait pu être un simple faire-valoir.

Les premières critiques notent que The Last Viking est moins sombre que Riders of Justice, mais qu’il conserve cette ambiguïté propre au cinéma de Jensen. Le film oscille entre rire et malaise, entre cynisme et émotion. Certains y ont vu une « comédie existentialiste », d’autres un « buddy movie noir ».

Côté box-office, les attentes sont mesurées mais positives. Le succès des films danois en France dépend souvent du bouche-à-oreille, mais la présence de Mads Mikkelsen, star internationale connue pour ses rôles dans Hannibal, Doctor Strange ou Fantastic Beasts, est un atout certain. Les fans de comédies noires et de cinéma nordique devraient être au rendez-vous.

L’humour noir danois : une tradition bien ancrée

Le film s’inscrit dans une longue tradition du cinéma danois de comédie noire, qui remonte aux œuvres de Carl Theodor Dreyer (bien que plus tragiques) et s’est épanouie avec la génération des réalisateurs des années 1990 et 2000, comme Thomas Vinterberg, Lars von Trier ou le même Jensen. Ces cinéastes n’hésitent pas à mêler le rire et la douleur, la mort et la farce, dans des récits où les personnages sont souvent confrontés à l’absurdité de l’existence.

The Last Viking utilise ce registre pour dépeindre la relation entre deux frères que tout oppose mais que le sang unit. La quête du butin devient une métaphore de la quête de sens : que reste-t-il d’une vie après la prison ? Peut-on vraiment recommencer ? Comment accepter que l’être aimé soit devenu un autre ? Jensen ne donne pas de réponses faciles, mais il tisse une fable drôle et mélancolique sur la résilience.

La musique du film, composée par un artiste scandinave (dont le nom n’a pas encore été dévoilé), accompagne cette tonalité mouvante : quelques notes de Beatles reviennent en leitmotiv pour rappeler l’obsession de Manfred, tandis que des sonorités plus angoissantes soulignent les moments de tension.

En attendant la sortie française le 15 juillet 2026, le public peut d’ores et déjà découvrir la bande-annonce, qui installe le face-à-face savoureux entre les deux frères : Anker, pressé et pragmatique, et Manfred, perdu dans ses illusions. Le film est présenté comme une comédie dramatique qui devrait plaire aux amateurs de cinéma exigeant, tout en restant accessible à un large public adulte.

Les experts notent que cette sortie estivale pourrait bien être l’une des surprises de l’été, dans un paysage souvent dominé par les blockbusters américains. The Last Viking offre une alternative intelligente, drôle et touchante, portée par un casting de choix et un réalisateur au sommet de son art.


Source:Sortiraparis News


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