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Seth Rogen, Olivia Wilde, Penélope Cruz et Edward Norton dans une comédie cynique, sexy et... drôle!

Jul 12, 2026  Twila Rosenbaum 13 views
Seth Rogen, Olivia Wilde, Penélope Cruz et Edward Norton dans une comédie cynique, sexy et... drôle!

« On devrait toujours être amoureux », disait Oscar Wilde. « C’est la raison pour laquelle on ne devrait jamais se marier ». Cette citation ouvre L’invitation, le troisième long-métrage réalisé par Olivia Wilde (Premières de classe, Ne t’inquiète pas chérie) qui, sans tomber dans le potinage excessif, venait de vivre une rupture médiatisée au moment de tourner ce film, ce qui donne une idée de l’état d’esprit dans lequel elle devait être. De fait, on se retrouve devant un portrait du couple moderne très cynique… mais aussi très drôle !

À San Francisco, le professeur de musique Joe (Seth Rogen, Grossesse surprise) revient du travail et découvre que sa fille est partie coucher chez une copine et que son épouse, Angela (Olivia Wilde) a préparé un festin. Elle lui rappelle que leurs voisins d’en haut viennent souper ce soir, ce dont il n’a aucun souvenir. L’invitation est supposément pour s’excuser du bruit des travaux de rénovation que cette mère au foyer a menés au cours des derniers mois. Joe mentionne que les voisins font également beaucoup de bruit, particulièrement la nuit lorsqu’ils baisent « comme des monstres ».

Rapidement, on comprend que Joe et Angela forment un couple dysfonctionnel qui se dispute constamment, ce qu’ils font jusqu’au moment où ça cogne à la porte. L’arrivée de Pina (Penélope Cruz, Vicky Cristina Barcelona), qui est psychothérapeute et sexologue, et de son amoureux Hawk (Edward Norton, Fight Club), un pompier à la retraite, ne fait qu’empirer les choses. Le film joue d’abord beaucoup sur les malaises, jusqu’au moment où les personnages se mettent à flirter et qu’une tension sexuelle s’installe. Pina et Hawk révèlent alors les secrets de leurs bruyants ébats intimes, qui incluent de l’échangisme, et une chose mène à une autre...

Remake du film espagnol Sentimental de Cesc Gay, L’invitation a un aspect foncièrement théâtral. Après les premières minutes, tout le récit se déroule dans un lieu unique, l’appartement fraîchement rénové de Joe et Angela, au cours d’une soirée dont on fait l’expérience presque en temps réel. Le tout est très bavard, mais heureusement, les dialogues sont intéressants, surprenants et souvent hilarants. Le scénario de Rashida Jones et Will McCormack (Celeste and Jesse Forever) développe habilement les quatre personnages, qui sont tous névrosés de diverses façons et qui seraient à leur place dans un film de Woody Allen.

Derrière la caméra, Olivia Wilde ne fait pas d’esbroufe, mais elle parvient à mettre en scène les interactions des protagonistes à travers l’appartement sans que son film devienne trop statique. Elle met surtout en valeur sa distribution, qui est très bien dirigée et dont l’interprétation est naturelle et jamais caricaturale, même lors des moments les plus comiques. Le film sait aussi être sexy par moments, mais s’avère beaucoup moins osé et explicite que le récent Folichonneries de Eric K. Boulianne, qui a quelques similarités thématiques. Les deux films ont notamment en commun de dépeindre le mariage avec un certain cynisme, tout en se terminant sur une note d’espoir.

Pour mieux comprendre l’ampleur de cette œuvre, il convient de revenir sur le parcours d’Olivia Wilde. Née en 1984 à New York, elle s’est d’abord fait connaître comme actrice dans des séries comme The O.C. et House, avant de passer à la réalisation. Son premier film, Premières de classe (2019), une comédie sur une mère de famille qui retourne à l’université, avait été salué pour sa fraîcheur et son humour. Avec Ne t’inquiète pas chérie (2022), elle avait exploré un thriller psychologique dans les années 1950, un projet qui avait été entaché de rumeurs de conflits sur le plateau. L’invitation marque un retour à la comédie, mais avec une maturité nouvelle. Le film a été tourné peu après sa séparation médiatisée avec Jason Sudeikis, ce qui lui a permis d’infuser une sincérité émotionnelle dans les scènes de disputes conjugales.

Le choix de Seth Rogen en tête d’affiche peut surprendre, car l’acteur est surtout connu pour ses rôles dans des comédies potaches comme Super Grave ou En cloque, mode d’emploi. Pourtant, Rogen a montré à plusieurs reprises sa capacité à incarner des personnages plus nuancés, comme dans Steve Jobs ou The Disaster Artist. Dans L’invitation, il joue un homme paumé, dépassé par les désirs de sa femme et les avances de leurs voisins. Sa performance est touchante et drôle, oscillant entre l’embarras et la colère contenue.

Penélope Cruz, quant à elle, apporte toute son expérience du cinéma d’auteur espagnol. Après avoir travaillé avec Pedro Almodóvar, Woody Allen ou encore Michael Mann, elle excelle dans le registre de la sexologue libérée. Son personnage, Pina, est une femme apparemment confiante, mais qui cache elle aussi des insécurités. Edward Norton, de son côté, offre une interprétation mémorable en pompier à la retraite, sorte de macho vulnérable. Le duo Cruz-Norton fonctionne à merveille, créant une dynamique de couple aussi solide que loufoque.

Le scénario de Rashida Jones et Will McCormack est un des points forts du film. Jones, connue pour son rôle dans Parks and Recreation et comme scénariste de Black Mirror, apporte une sensibilité féminine aux dialogues. Les répliques fusent, mêlant humour noir et observations acerbes sur les relations. Par exemple, lorsque Hawk décrit les cris de plaisir de Pina comme un « chant de sirène », cela provoque à la fois le rire et la gêne. Le film n’hésite pas à aborder des sujets tels que l’infidélité, la communication dans le couple ou les fantasmes sexuels, toujours avec légèreté mais sans vulgarité.

La mise en scène d’Olivia Wilde mise sur la claustrophobie de l’appartement. Les plans séquences et les mouvements de caméra fluides permettent de suivre les personnages d’une pièce à l’autre, renforçant l’impression d’une conversation ininterrompue. Les décors, avec leur mobilier design et leurs touches de couleurs vives, reflètent le mode de vie aisé des protagonistes, mais aussi leur superficialité. La bande sonore, qui alterne entre jazz langoureux et musique pop entraînante, souligne les changements de ton.

Comparé à d’autres films récents sur le thème du couple, comme Les Noces rebelles ou Mariage à l’anglaise, L’invitation se distingue par son humour décapant et son refus du pathos. Les personnages ne sont pas des caricatures : ils sont crédibles dans leurs contradictions. Joe veut sauver son mariage, mais il est trop lâche pour avouer ses désirs. Angela cherche à pimenter sa vie sexuelle, mais elle craint le jugement. Pina et Hawk, malgré leur apparente liberté, sont attachés à des conventions. C’est cette complexité qui rend le film attachant.

Le film a été présenté en première au Festival international du film de Toronto en 2023, où il a reçu un accueil chaleureux. La critique a salué la performance d’ensemble et le ton équilibré entre cynisme et optimisme. Certains ont même comparé L’invitation aux meilleures comédies de Woody Allen, hommage qui n’est pas usurpé. Avec un budget modeste de 15 millions de dollars, le film a récolté plus de 50 millions au box-office mondial, confirmant le talent d’Olivia Wilde pour les comédies indépendantes.

En conclusion provisoire, on peut dire que L’invitation est une réussite. Elle prouve que l’on peut parler de sexe et de mariage avec intelligence et humour, sans tomber dans la vulgarité. Les dialogues sont ciselés, les acteurs sont au sommet de leur art, et la réalisation est sobre mais efficace. Pour les amateurs de comédies romantiques qui n’ont pas peur de l’amoralité, ce film est un véritable régal. Il laisse le spectateur avec une question : jusqu’où iriez-vous pour sauver votre couple ? Et si la réponse est « jusqu’à l’échangisme », alors vous êtes prêt pour L’invitation.


Source:Cinoche.com News


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