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L’Écureuil établit son nouveau nid au Vélodrome

Jul 03, 2026  Twila Rosenbaum 4 views
L’Écureuil établit son nouveau nid au Vélodrome

Ce jeudi, le Stade Vélodrome a officiellement changé de nom commercial. Dix ans après l’arrivée d’Orange, c’est désormais la Caisse d’Épargne Provence-Alpes-Corse (Cepac) qui inscrit son nom sur la façade de l’enceinte mythique du boulevard Michelet. L’annonce a été faite par Stéphane Richard, nouveau président de l’Olympique de Marseille, lors de sa prise de fonctions. Un symbole fort : celui qui avait négocié le premier naming de l’histoire du club lorsqu’il dirigeait Orange est aujourd’hui à la tête de l’OM, et il scelle un nouveau partenariat de sept ans avec un acteur régonial de premier plan.

Un partenariat historique

La Cepac n’est pas une inconnue pour l’OM. Depuis quarante ans, la banque régionale est un partenaire privilégié du club phocéen. Mais avec ce contrat de naming, la collaboration franchit un cap. Christine Fabresse, présidente du directoire de la Cepac, a souligné que ce mariage n’était pas uniquement économique : « Nous sommes un acteur du territoire depuis plus de deux siècles, nous sommes la banque du milieu sportif et, à l’image de l’OM, nous avons une attractivité qui court au-delà de notre région. » Le Vélodrome, stade le plus photographié de France selon Stéphane Richard, offre une visibilité exceptionnelle à la marque. Pour les supporters, le nom du stade restera sans doute ancré dans les mémoires, mais c’est l’image qui compte avant tout.

Le contrat de naming prévoit que l’enceinte s’appellera désormais « Cepac Vélodrome ». Orange, qui avait été le premier partenaire naming du stade en 2016, disparaît donc de la façade. Cette transition marque un nouveau chapitre dans l’histoire commerciale du club, mais aussi dans sa stratégie de développement. Stéphane Richard a rappelé que le Vélodrome est un monument qui sert à la fois l’OM et d’autres activités, comme les concerts. Bad Bunny, par exemple, s’y est produit récemment. Les nouvelles retombées financières de ce partenariat, non dévoilées, devraient aider le club à équilibrer ses comptes après une période difficile.

Des engagements sociaux forts

Au-delà du simple affichage, Christine Fabresse a tenu à donner du sens à cette collaboration. La Cepac prévoit d’ouvrir le stade à un plus grand nombre de personnes, en dehors des rendez-vous sportifs ou festifs. Des invitations gratuites seront proposées chaque année à divers publics : enfants malades, élèves d’écoles partenaires, femmes victimes de violences. « Nous allons proposer des opérations en collaboration avec des associations, » a-t-elle détaillé. La banque relancera également une carte de crédit aux couleurs de l’OM, renforçant ainsi le lien avec les supporters. Ces initiatives s’inscrivent dans une volonté de faire du stade un lieu de vie et de solidarité, bien au-delà des 90 minutes de match.

Ce volet social est particulièrement important dans le contexte marseillais, où les inégalités sont fortes. La Cepac, banque coopérative ancrée dans les territoires, veut montrer que son partenariat ne se limite pas à une opération marketing. « Nous comptons faire vivre le Vélodrome comme un site capital, » a ajouté Stéphane Richard. Les supporters pourront ainsi découvrir les coulisses du stade, les vestiaires, la pelouse, autant d’expériences qui renforcent l’attachement au club.

Des finances sous contrôle mais des ambitions intactes

Cette annonce intervient dans un contexte financier tendu pour l’OM. L’UEFA a sanctionné le club d’une amende de 10 millions d’euros pour non-respect du fair-play financier, assortie d’une suspension de participation aux coupes d’Europe avec sursis. De son côté, la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) a imposé un encadrement de la masse salariale et des recrutements. Stéphane Richard a tenu à rassurer : « Nous avons dû faire face à des échéances qui n’étaient pas faciles, mais elles sont derrière nous. » Il a ajouté que la situation était désormais clarifiée et que le club pouvait envisager l’avenir sereinement.

Le nouveau président a esquissé sa feuille de route : « Nous souhaitons mettre en route un nouveau cycle, en travaillant dans le calme, le sérieux et la discrétion. » Il mise sur la formation et un changement de modèle économique. « Celui qui a été choisi avant nous n’a pas donné de résultats. Le moment est venu de réinventer l’OM sans renoncer aux ambitions. » Une déclaration qui devrait rassurer les supporters, inquiets après les difficultés sportives et financières des dernières saisons. Le naming avec la Cepac apporte une bouffée d’oxygène, mais Stéphane Richard sait que le chemin est long pour redonner au club une place de choix dans le football français et européen.

Le contexte historique du naming au Vélodrome

L’histoire du naming au Stade Vélodrome remonte à 2016, lorsque Orange, alors dirigé par Stéphane Richard, avait signé un contrat de dix ans. Cette première opération avait été très médiatisée, car elle marquait une rupture avec la tradition : pour beaucoup, le Vélodrome devait rester le Vélodrome. Cependant, les retombées financières avaient convaincu les dirigeants de l’époque. Orange Vélodrome était devenu un nom familier, même si les puristes continuaient d’utiliser l’appellation originelle. Le contrat avec Orange venait à expiration en 2026, et la Cepac a saisi l’opportunité de s’imposer face à d’autres concurrents potentiels.

La Cepac, filiale du groupe BPCE, est présente en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Corse. Elle compte plus de 2 000 collaborateurs et 600 000 sociétaires. Son engagement dans le sport régional est historique : elle sponsorise déjà l’OM, mais aussi d’autres clubs comme le RCT (rugby) ou le Marseille Handball. Avec ce naming, elle devient un acteur incontournable du paysage sportif marseillais. La durée de sept ans montre une volonté de stabilité, alors que le club cherche à retrouver une crédibilité financière et sportive.

Les réactions et les attentes

Du côté des supporters, les réactions sont partagées. Certains voient dans ce partenariat une manne financière bienvenue pour recruter et stabiliser le club. D’autres regrettent que le stade perde son nom historique, même si l’appellation « Cepac Vélodrome » conserve le mot « Vélodrome ». Les réseaux sociaux s’enflamment, mais la direction du club insiste sur le caractère pragmatique de l’opération. « Nous avons besoin de toutes les ressources possibles pour être compétitifs, » a déclaré un porte-parole de l’OM. Les joueurs, interrogés en marge de l’entraînement, se sont dits indifférents : « Ce qui compte, c’est le terrain et le soutien du public, pas le nom du stade, » a confié un cadre de l’équipe.

Les observateurs économiques saluent la stratégie de la Cepac, qui renforce son ancrage régional tout en bénéficiant d’une visibilité nationale et internationale grâce aux retransmissions des matchs de l’OM en Ligue 1 et en Europe (si le sursis est levé). Le montant du contrat n’a pas été divulgué, mais les spécialistes estiment qu’il se situe entre 5 et 8 millions d’euros par an, soit un total de 35 à 56 millions sur sept ans. Une somme non négligeable pour un club qui doit aussi rembourser ses dettes et investir dans son centre de formation.

Vers un nouveau modèle économique

Stéphane Richard a clairement indiqué vouloir rompre avec le passé. Sous la précédente direction, l’OM avait dépensé sans compter pour attirer des stars vieillissantes ou surpayées, sans résultats sportifs à la clé. Le nouveau président privilégie une approche plus sobre : recrutement de jeunes talents, valorisation du centre de formation, stabilité financière. « Nous devons changer de logiciel, » a-t-il martelé. Le partenariat avec la Cepac s’inscrit dans cette nouvelle donne : il apporte des liquidités sans grever le budget salarial, tout en offrant des opportunités de marketing.

Le club prévoit également de développer ses revenus commerciaux, notamment via la billetterie et les produits dérivés. Le Vélodrome, avec ses 67 000 places, reste un atout majeur. Les soirées de match sont souvent complètes, et l’affluence moyenne est l’une des meilleures d’Europe. Mais pour rivaliser avec le PSG ou les grands clubs européens, l’OM doit diversifier ses sources de revenus. Le naming n’est qu’une brique parmi d’autres. La direction travaille aussi sur des partenariats avec des marques internationales, tout en conservant une identité locale forte.

Christine Fabresse, de son côté, voit dans ce partenariat une opportunité de renforcer la notoriété de la Cepac auprès des jeunes générations, qui sont les supporters de demain. La carte de crédit aux couleurs de l’OM, avec des avantages exclusifs (réductions sur les billets, produits dérivés), vise à fidéliser une clientèle jeune et connectée. La banque prévoit aussi des opérations dans les agences, avec des rencontres avec des joueurs ou des lots à gagner. Une stratégie gagnant-gagnant, selon les deux parties.

Enfin, Stéphane Richard a tenu à remercier Orange pour son engagement passé. « Orange a été un partenaire exemplaire pendant une décennie. La transition se fait en bonne intelligence, » a-t-il précisé. Le déménagement des panneaux publicitaires et des signalétiques est déjà en cours, et le nouveau nom sera visible dès le prochain match à domicile. Les supporters découvriront alors un Vélodrome rafraîchi, avec des espaces rénovés grâce aux investissements de la Cepac. Une nouvelle ère commence pour l’Olympique de Marseille, entre tradition et modernité.


Source:www.lamarseillaise.fr News


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