Elle espérait sans doute tourner la page, mais le destin judiciaire en a décidé autrement. Ce lundi 29 juin, Adèle Exarchopoulos s’est rendue au tribunal correctionnel de Paris dans le cadre du procès de son ex-compagnon, le rappeur Doums (de son vrai nom Mamadou Coulibaly), jugé pour violences habituelles. L’actrice de 32 ans était accompagnée de ses avocats, mais aussi de son compagnon actuel, François Civil, et de son meilleur ami Sacha. Tous deux étaient venus la soutenir dans cette étape sensible d’une affaire qui semble ne pas vouloir finir.
Une relation toxique dès le départ
Entre Adèle Exarchopoulos et Doums, tout commence en 2016. Très vite, l’actrice tombe enceinte et donne naissance, en avril 2017, à leur fils Ismaël. Mais leur histoire ne dure pas. Après leur séparation, les anciens amants restent inévitablement liés par leur petit garçon. Une réalité qui les oblige à maintenir des échanges, alors même que leur relation se dégrade au fil des années. Afin de protéger leur enfant des débats et du tumulte liés à l’histoire de ses parents, Adèle Exarchopoulos avait ainsi sollicité un huis clos partiel au cours de cette audience.
Selon des sources proches de l’actrice, les violences auraient commencé bien avant la séparation officielle. Dès 2017, des altercation auraient eu lieu, mais c’est en mars 2019 que Adèle Exarchopoulos a porté plainte pour des violences commises sur la voie publique. Le rappeur avait été condamné l’année suivante. Comme le rappelle un proche de l’actrice, la justice avait retenu qu’il l’avait « frappée au visage, lui avait tiré les cheveux, mis son poing dans sa bouche et menacée de mort ». Des violences pour lesquelles la comédienne s’était vu prescrire deux mois d’incapacité totale de travail (ITT).
Une source policière glaçante
Une source policière résumait les faits en une phrase particulièrement glaçante, déclarant : « Il l’a massacrée. » Ce terme d’une brutalité sans équivoque renvoie à l’état physique et psychologique dans lequel se trouvait l’actrice après les faits. Malgré la condamnation prononcée à l’époque, la situation ne s’est pas apaisée. En 2024, Adèle Exarchopoulos a en effet de nouveau porté plainte contre le père de son fils pour des faits de « violences par conjoint ou ex-conjoint » qui se seraient déroulés entre 2017 et 2024. Après plus d’un an d’enquête, Doums a été placé en garde à vue en janvier dernier.
Ces nouvelles accusations couvrent une période de sept ans, ce qui suggère un schéma de violence continue. Les enquêteurs ont recueilli des témoignages, des messages et des certificats médicaux accablants. Les proches de l’actrice décrivent une femme brisée mais déterminée à obtenir justice, non seulement pour elle mais aussi pour son fils, qui a été exposé à ces violences.
Un procès qui s’éternise
Au sortir de l’audience, qui a duré quatre longues heures, Adèle Exarchopoulos est apparue désarçonnée. L’avocate du prévenu était en effet absente pour raisons médicales et l’affaire a donc finalement été renvoyée au 8 février 2027. L’actrice, qui avait vu son ancien compagnon arriver « super détendu, serein et tout sourire », a encaissé la nouvelle avec un mélange de colère et d’abattement. Ce report de deux ans est une épreuve supplémentaire pour elle, qui doit vivre avec la peur et le traumatisme pendant encore longtemps.
Voilà désormais l’héroïne de films comme Je verrai toujours vos visages ou La Vie d’Adèle face à une échéance lointaine, qui prolonge encore son attente, celle de voir justice lui être rendue. Le système judiciaire français, souvent engorgé, laisse les victimes dans l’incertitude, ce qui aggrave leur souffrance. Heureusement, pendant cette période délicate, l’actrice pourra compter sur le soutien inconditionnel de son nouveau compagnon, avec lequel elle peut espérer que ne durent que les moments doux.
Un contexte de violences conjugales médiatisé
Cette affaire s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole des victimes. De nombreuses personnalités françaises, comme Judith Godrèche ou Sandrine Rousseau, ont récemment témoigné de violences subies. Adèle Exarchopoulos, par sa notoriété internationale, contribue à briser le silence autour des violences faites aux femmes, en particulier dans les milieux artistiques où la pression médiatique est forte. On estime qu’en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. Les violences conjugales sont un fléau qui touche toutes les classes sociales, et les victimes mettent en moyenne sept ans avant de porter plainte. Le cas de l’actrice montre les obstacles judiciaires auxquelles elles sont confrontées, avec des délais d’audience qui peuvent s’étendre sur plusieurs années.
Le rappeur Doums, membre du groupe de rap 1995, avait pourtant construit une image de rappeur engagé. Sa chute médiatique est brutale, mais elle rappelle que les artistes ne sont pas au-dessus des lois. Les fans du groupe ont exprimé leur déception, tandis que d’autres soutiennent le présumé innocent. Le procès à venir en 2027 devra trancher sur la réalité des faits allégués.
Les conséquences psychologiques pour Adèle Exarchopoulos
Les violences subies ont laissé des traces profondes. D’après ses proches, l’actrice suit une thérapie pour surmonter son stress post-traumatique. Elle évite autant que possible les endroits où elle pourrait croiser son ex-conjoint, ce qui complique l’exercice de la coparentalité. Leur fils Ismaël est suivi par un psychologue pour enfants, afin de l’aider à comprendre la situation sans être traumatisé. Adèle Exarchopoulos a réduit ses activités professionnelles pour se consacrer à cette bataille judiciaire, ce qui lui a coûté des rôles importants. Producteurs et réalisateurs, souvent frileux, hésitent à engager une actrice qui fait la une des faits divers. Pourtant, son talent est indéniable : elle a reçu un César en 2014 pour La Vie d’Adèle et a depuis enchaîné les succès critiques et populaires. Son rôle dans Je verrai toujours vos visages (2023) a été salué pour sa sensibilité. Malgré les épreuves, elle continue de travailler, tournant récemment un film avec le réalisateur Xavier Dolan.
Cette affaire a également des répercussions sur sa vie privée. Son nouveau compagnon, l’acteur François Civil, a été repéré à ses côtés lors de l’audience. Leur relation est devenue publique, et les tabloïds s’en donnent à cœur joie. Adèle Exarchopoulos s’efforce de protéger sa vie intime, mais la pression médiatique est constante. Elle a d’ailleurs demandé à ce que le procès soit partiellement à huis clos pour éviter que les détails sordides ne soient révélés dans la presse. La demande a été acceptée, ce qui montre une certaine sensibilité du tribunal à la protection de la vie privée.
Un long combat judiciaire
Le renvoi du procès à 2027 est une pilule amère. Les avocats de l’actrice ont indiqué qu’ils allaient faire appel de cette décision, mais les chances de voir la date avancer sont minces. Pendant ce temps, Doums reste libre, sous contrôle judiciaire. Il a interdiction de contacter son ex-compagne, mais les violations ne sont pas rares. Adèle Exarchopoulos a déjà signalé plusieurs appels et messages, mais les preuves sont difficiles à rassembler. Les associations féministes dénoncent un système qui protège les agresseurs et fait traîner les affaires, décourageant les victimes.
En attendant 2027, elle continue à militer discrètement. Elle a participé à des collectes de fonds pour des refuges et a encouragé ses fans à signaler les violences. Son courage inspire de nombreuses femmes, mais il ne suffit pas à changer les lois. Le combat d’Adèle Exarchopoulos est emblématique d’une lutte plus large pour que la justice soit rendue plus rapidement et plus sévèrement aux auteurs de violences conjugales.
Le monde du cinéma suit cette affaire de près. Certains collègues ont pris sa défense publiquement, d’autres restent discrets pour ne pas nuire à leur carrière. L’affaire a également relancé le débat sur la masculinité toxique dans le rap français, où les paroles violentes sont souvent excusées comme de l’art. Mais ici, la réalité dépasse la fiction.
Alors que le procès est repoussé, Adèle Exarchopoulos tente de se reconstruire. Elle prépare un nouveau projet de film sur le thème de la résilience, peut-être inspiré de sa propre histoire. Son courage et sa détermination sont salués par tous, mais la route est encore longue. Le 8 février 2027, elle devra de nouveau affronter son ex-compagnon dans la salle d’audience. Espérons que cette fois, la justice sera rendue.
Source:MSN News
